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Discours du Prof Parsuramen pour la journée mondiale de la liberté de la presse lors de la conférence virtuelle de l’UE

Son Excellence, Monsieur l’ambassadeur de l’union Européenne,

Mesdames les membres du panel et chers internautes,

Bonjour

Je tiens à saluer l’Union Européenne qui, à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, qui coïncide cette année avec le 30e anniversaire de la déclaration de Windhoek, nous a conviés à ce forum virtuel, en ce 3 mai 2021. Il se tient en même temps que la grande conférence mondiale organisée par l’UNESCO à Windhoek ce jour, en Namibie. Cette journée était importante il y a 30 ans de cela, et elle l’est tout autant aujourd’hui car nous avons l’opportunité de remettre en question nos méthodes de traitement de l’information en abordant la thématique de la violence faites aux plus vulnérables.

En tant qu’ambassadeur de bonne volonté, la campagne « Rise & Shine » m’inspire et converge vers l’engagement social que j’ai pris il y a de cela 10 ans, à travers la Global Rainbow Foundation. Ni le handicap ni le genre ne doivent être un frein à l’intégration effective dans la société. Ils doivent au contraire être perçus comme une forme de singularité qui met en avant des qualités insoupçonnées.

J’ai observé, tout au long de mon travail à la Global Rainbow Foundation, que les personnes en situation de handicap sont davantage susceptibles d’être victimes de violence au sein de la famille et de la collectivité : d’après une étude, c’est 2 fois plus qu’une personne sans handicap. Je peux également assurer que les femmes et les jeunes filles en situation de handicap sont un groupe doublement vulnérable et défavorisé.

Nous avons le cas d’Ashley Balancy en fauteuil roulant, qui s’est vu humiliée et à qui on a refusé l’accès d’un avion Air Mauritius en 2017, malgré qu’elle ait informé la compagnie aérienne de son handicap 3 mois avant son départ. Le titre de l’article était le suivant :
« Air Mauritius : une handicapée pas autorisée à voyager seule ».
Ce titre ne l’a réduit qu’à son handicap et n’évoque pas le fait qu’elle a été victime de discrimination.
Un titre tel que « Discrimination envers un passager par Air Mauritius » aurait été plus approprié et correct.

Un deuxième exemple de mauvaise représentation est un article du 24 juliet 2020 dont le titre est
« Curepipe : un magasin totalement géré par des employés souffrant de handicap intellectuel »

L’organisation Journalists for Human Rights explique que: ”The most effective way to mobilize public support for human rights is through the media. The media can educate the public about their rights, and act as an effective watchdog against human rights abusers.”

Ce qui nous amène au point suivant : trop souvent les violences faites aux personnes en situation de handicap sont traitées comme des faits divers dans les médias, avec l’utilisation d’une terminologie incorrecte. De plus, de nombreux stéréotypes sur eux y sont véhiculés. Dans notre propre Constitution et dans la loi mauricienne, un changement est impératif afin que la législation ne comporte plus des termes tels que « handicapped », « lunatic invalid », « unsound mind », « incapacitated voter », « dumb », « state of imbecility » or « crippled qui sont désobligeants et offensants envers les personnes en situation de handicap. C’est pour cela que la Global Rainbow Foundation a travaillé sur un projet de loi en faveur des droits des personnes en situation de handicap qu’il souhaite présenter bientôt au pays.

Il y a également trop de questions en suspens :

· Pourquoi y a-t-il si peu de reportages ou d’articles représentant des personnes en situation de handicap de manière positive ?

· Dans les médias étrangers, de nombreux journalistes en situation de handicap sont présents dans le paysage médiatique. Pourquoi n’est-ce pas le cas à Maurice ?
À la lumière de ce constat et pour y remédier, la Global Rainbow Foundation préconise une formation des journalistes avec la collaboration de l’Union Européenne, l’ONU et l’UNESCO sur le traitement de l’information concernant la thématique du handicap articulée autour des manuels et des guides journalistes « Manual for Journalists covering Disability in Africa » et « Pocket Guide to reporting on Disability ». J’ai d’ores et déjà contacté le Commonwealth of Learning (organisme qui propose des formations en ligne), qui a accepté de développer un programme en ce sens.

Pour terminer je souhaiterais citer la conclusion de la déclaration de Windhoek+30 qui a été adoptée cet après-midi:

« L’humanité est à un point de basculement. La pandémie de COVID-19 nous a mis face à des menaces existentielles pour l’avenir du journalisme, à des problèmes majeurs dans l’écosystème informationnel en ligne, et à la nécessité impérieuse de doter les citoyens de la capacité de naviguer dans les communications d’aujourd’hui. Si la Déclaration de Windhoek de 1991 a contribué à changer le monde pour le mieux, il appartient à la génération de 2021 de faire de même. En affirmant cette déclaration Windhoek+30, nous rendons hommage à ceux qui ont ouvert cette voie et nous contribuons à assurer l’avenir de ceux qui viendront après nous.

« L’information en tant que bien public est en jeu. »

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